Tamatakia:  en 1995 nous avons dŽcouvert ce nom intriguant et les trois musiciennes qui lĠavaient choisi pour emblme, un nom claquant qui promettait des traversŽes sauvages. Promesse tenue. DĠune pirouette elles nous font franchir les frontires, nous entra”nant de lĠAtlantique au Bosphore, de la Sicile ˆ lĠArgentine. ÒMusique traditionnelleÓ disent-elles, passant de la nostalgie blessŽe dĠun air des Balkans ˆ celle, dŽchirante dĠune valse yiddish. AŽriennes ou charnues, les voix en duo sŽduisent, Žmeuvent. Sur scne, il leur suffit dĠun rien pour tre comŽdiennes, un faux-nez rouge pour Gelsomina, un envol de jupe et dĠaccordŽon pour une paysanne ou une Tzigane. Elles nous enchantent par leur absolue complicitŽ, alors que chacune possde une personnalitŽ  singulire. Le jeu des corps et des regards nĠen finit pas de nous surprendre.  Que vont-elles encore inventer? A c™tŽ de lĠalto, du violon, de lĠaccordŽon, elles se bricolent des instruments. On pleure de rire ou rit de trop dĠŽmotion comme des enfants. Leur prŽsence sur scne est un petit miracle, une drogue lŽgre dont lĠeffet ne sĠŽpuise pas : on voudrait que a  ne sĠarrte jamais.  Aprs quelques annŽes dĠabsence, elles sont revenues. Elles nous manquaient et peut-tre leur manquions-nous aussi. A la voix dĠAnne-ThŽrse aussi ailŽe que son violon, ˆ lĠaccordŽon puissant de Christine, aux cordes variŽes de Tina (alto, guitare et cordes vocales), se sont jointes celles dĠune contrebasse vibrante caressŽe  par lĠarchet de No‘lle. Tamatakia est devenu un quatuor pour notre plus vif plaisir.


                            Claire KraehenbŸhl, Žcrivaine